Podcast. L'heure du goûter. Episode 3

Podcast. L'heure du goûter. Episode 3

Benjamin Tranié est venu goûter à la maison avec Zaïd Sahebdin. 

Dans ce troisième épisode du podcast À la Mère de Famille, Déborah et Steve reçoivent Benjamin Tranié et son invité Zaïd Sahebdin pour prendre le goûter. Entre deux bonnes blagues, l’humoriste et son auteur partagent des anecdotes de leurs années passées ensemble à travailler, écrire et manger. Ils nous embarquent littéralement dans leur amitié, leurs aventures et leurs souvenirs de gosses. Vous allez être surpris par leurs recettes maison, un peu folles, et leur talent de cuisinier… ou pas !

Merci @benjamintranie et @zaid_shd

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Benjamin Tranié
Benjamin Tranié a débarqué un jour dans l'espace public avec toute une galerie de personnages extrêmes qu'il porte à merveille, plein d'entrain et de malice. Parfois un peu grossier il l'assume, jamais vulgaire on l'assure. La scène et l'humour, il a décidé d'en faire sa vie, il y a une dizaine d'années maintenant. Le stand-up et Radio Nova seront un premier terrain d'expérimentation libre qui le mèneront vite à France Inter. Non sans quelques apparitions de plus en plus remarquables au cinéma. Grand amateur du Japon comme de bonnes bouffes, l'amour des autres et la gourmandise le guident au quotidien. 

Zaïd Sahebdin
Il est l'homme derrière l'homme. La présence discrète sans qui le succès ne serait pas ce qu'il est. Il est de ceux qui rappellent que les grands artistes œuvrent rarement seuls. Zaïd Sahebdin, c'est le complice de Benjamin, son co-auteur, sans qui le public n'aurait jamais eu la chance de découvrir les personnages un peu fous de Tranié. Zaïd, c'est celui qui ose avant que Benjamin ne se lance. Fan de Dragon Ball, lui aussi se montre sensible à la culture nippone. Comme à celle du goûter.

Retranscription

Déborah Pham — Aujourd’hui, Steve, on a un épisode un peu particulier puisqu’il associe deux de nos plus grandes passions, je crois.

Steve Dolfi — L’humour et le chocolat ?

Déborah Pham — Rire et manger, ouais.

Steve Dolfi — On reçoit aujourd’hui Benjamin Tranié et Zaïd Sahebdin. On a hâte de savoir s’ils aiment le chocolat.

Déborah Pham — Je suis convaincue qu’ils aiment le chocolat. Je te laisse les accueillir, ils vont remplir leur panier comme il est de coutume quand on arrive ici, et puis je vous attends à l’étage !

 

Déborah Pham — Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à L’Heure du Goûter. Je suis en compagnie de Steve Dolfi. Bonjour Steve.

Steve Dolfi — Bonjour Déborah.

Déborah Pham — Tu peux nous présenter nos invités du jour ?

Steve Dolfi — On a la chance d’avoir Benjamin et Zaïd avec nous aujourd’hui.

Benjamin Tranié — Sympa !

Steve Dolfi — On a fait un petit shopping dans le magasin. Assez sérieux !

Déborah Pham — Le poids des mots, le choc des photos. Heureusement qu’on a la vidéo, parce que là, ça paraît presque frugal. J’ai l’impression qu’ils en ont caché sous la table, non ?

Zaïd Sahebdin — Dans mes poches.

Benjamin — Il en reste un peu dans nos vestes, je crois.

Déborah Pham — Petit disclaimer : si vous avez la bouche pleine, c’est absolument OK. En revanche, si vous vous étouffez — ce qui est déjà arrivé par le passé — essayez de le faire discrètement.

Benjamin — On aura les noms ?

Déborah Pham — Bien sûr !

Benjamin — Est-ce que cette personne est toujours vivante ?

Déborah Pham — A priori oui. Mais il y a quelques petits farceurs, notamment les poissons panés…

Benjamin — Aaaaaah !

Steve Dolfi — Je propose qu’on commence à goûter tout de suite.

Déborah Pham — Moi, ça va aller pour l’instant, je suis déjà en hyperglycémie, mais je vous regarde.

Déborah Pham — Sésame-chocolat, ça fonctionne ?

Benjamin — Oh ouais.

Déborah Pham — Est-ce que ça vous rappelle le Japon ?

Benjamin — Ah, pas mal, c’est vrai.

Déborah Pham — Ils veulent vraiment me faire plaisir !

Benjamin — On s’est dit : « Mais elle a bossé ou quoi ? Comment elle sait tout ça ? »

Déborah Pham — J’ai appelé ta femme.

Benjamin — Le Japon, moi, je l’avais déjà fait. Donc là, je le faisais découvrir à Zaïd et à ma femme, qui sont un peu mes deux meufs.

Zaïd —

Benjamin — Ton regard dit tout. 100 % des informations sont vraies.

Mais c’était génial de voir dans leurs yeux la découverte, l’émerveillement.

Zaïd — Tu peux faire plein de pays, mais le Japon, on va y retourner.

Déborah Pham — Vous avez aimé la cuisine aussi.

Benjamin — Beaucoup.

La première fois que j’y étais allé, j’étais plus jeune, donc j’avais surtout fait tous les petits trucs pas trop chers.

Cette fois, je leur ai dit : « On va refaire tout ça, mais on va quand même se faire trois ou quatre très bons restos dont on m’a parlé. »

Et c’était des méga-strikes.

C’est dingue : tu peux déjà manger des sushis très simples et les trouver meilleurs qu’en France. Puis tu vas goûter des trucs un peu plus chers et tu réalises qu’il y a un gap de malade.

C’était dingue, franchement.

Zaïd — En termes de bouffe, que ce soit de la malbouffe ou des trucs beaucoup plus travaillés, on a été satisfaits de tout ce qu’on a mangé.

Déborah Pham — Il paraît que vous avez adoré un ramen halal…

Zaïd — Très épicé !

Je ne donnerai pas de nom, mais il y en a qui sont sortis du restaurant en plein repas pour aller prendre l’air.

Benjamin — Pour la défense de mon pote qui n’est pas là pour se défendre : il faisait quarante degrés dehors, cinquante à l’intérieur et on avait pris un truc hyper épicé. À aucun moment tu ne pouvais respirer.

C’était très, très bon, je dois le dire. Mais j’étais dehors en train de hurler : « Rendez-moi ma gorge ! »

Et le lendemain, c’était plutôt : « Rendez-moi autre chose… »

Le lendemain a été très dur.

Déborah Pham — Une émission entière sur les toilettes du Japon.

Benjamin — Ça, il n’y a aucun problème, on peut en parler.

Déborah Pham — Vous vous êtes rencontrés comment, tous les deux ?

Benjamin — Dans des toilettes, je te jure.

Déborah Pham — Ah ! Racontez-nous.

Zaïd — Moi, je faisais de la scène avant.

Déborah Pham — Tu n’en fais plus aujourd’hui ?

Zaïd — Plus du tout. Il y a un moment où il faut se rendre compte que tu n’aimes pas ça plus que ça.

À l’époque, j’avais un duo. On se croisait souvent, on s’aimait bien, jusqu’à un jour en particulier où j’ai fait un bide anthologique.

Benjamin — Je voyais souvent Zaïd sur les plateaux avec le gars avec qui il était en duo.

Et Zaïd était très fort, je dois quand même remettre l’église au milieu du village. Il faisait vraiment rire les gens.

Je savais aussi qu’il travaillait avec Kevin Razy. Donc, pour moi, je le regardais en mode : « Waouh, le gars est auteur pour un mec qui passe sur Canal+, il doit très bien gagner sa vie. »

Absolument pas.

J’ai compris bien plus tard que le métier d’auteur, c’était vraiment l’enfer.

Et donc, un soir, il fait un plateau où il bide, ce qui ne lui arrivait pas. Il sort, complètement dépité.

Avec mon binôme, on monte juste après lui et, comme notre début ne marchait pas non plus…

Zaïd — J’avais laissé des cadavres dans le public.

Benjamin — On s’est dit : tuons celui qui est déjà mort.

On a fait dix minutes sur Zaïd, à se moquer de lui et de son bide.

À la fin, c’était presque un standing ovation : « Bravo, vous l’avez tué ! C’est vrai qu’il est nul, merci de l’avoir dit. »

C’était beau, la transmission.

Et Zaïd était mort de rire. Avec peut-être une petite larme au coin de l’œil, mais mort de rire quand même.

Déborah Pham — Tu as beaucoup d’autodérision ?

Zaïd — Oui.

Benjamin — T’es obligé !

Mais ce n’est pas le cas de tous les humoristes. C’est aussi pour ça qu’on s’est bien entendus.

Se charrier les uns les autres, moi, je trouve ça trop marrant. Celui qui le prend mal, je trouve qu’il n’a rien compris à notre métier.

Déborah Pham — Il y a quand même une frontière, non ?

Benjamin — Oui. Déjà, nous, on l’aimait vraiment bien.

J’aime bien vanner les gens que j’aime bien. Je trouve ça toujours plus drôle.

Zaïd — La frontière, c’est que si ça ne fait rire que celui qui a fait la vanne et personne d’autre, ce n’est plus drôle. C’est juste de la méchanceté.

Après, à toi de jauger.

Steve Dolfi — Quand vous vous êtes rencontrés, les rôles se sont établis tout de suite ? Toi, Zaïd, tu écrivais déjà ?

Zaïd — Oui. J’étais déjà plus auteur que stand-upper, donc c’était mon rôle dès le départ. Benjamin a surtout fait appel à moi pour ça, dès ses premières chroniques sur Radio Nova.

Benjamin — Au début, j’étais tout seul.

J’avais un petit carnet avec l’équivalent de quatre ans de blagues accumulées. J’ai tout mis dans une seule chronique. Ça a suffisamment bien marché pour qu’on m’en demande une deuxième.

Sauf qu’à la deuxième chronique, je n’avais plus rien.

À sec.

Yassine et Thomas me disent : « Là, ce n’est pas terrible. Il faut remettre des blagues. Reviens la semaine prochaine avec des blagues. »

Et moi, je me dis : « Je n’ai vraiment plus rien. »

Trouver des blagues sur commande, c’est un métier. C’est trop dur.

J’appelle Zaïd à la rescousse. Il me dit : « Trop bien, j’ai des idées, je te renvoie ça dans l’heure. »

Et ma chronique a changé du tout au tout. C’était hilarant.

Je lui ai dit : « Attends, reste un peu avec moi, là. Je pense qu’on peut faire de belles choses. »

Zaïd — Un jour, on sera payés.

Benjamin — Voilà. C’est arrivé quatre ans plus tard.

Steve Dolfi — Ça fait combien de temps que vous travaillez ensemble ?

Benjamin — Depuis 2017.

Déborah Pham — Et depuis, tout est fait en binôme ?

Benjamin — Toujours.

Déborah Pham — En ce moment, Benjamin, on te retrouve aussi au cinéma.

Benjamin — Là, Zaïd n’a pas travaillé sur ce film. Il connaît très bien mon autre auteur, qui est hilarant, et ils travaillent aussi sur des projets ensemble.

Mais moi, je pense que je ne travaillerai jamais vraiment avec quelqu’un d’autre que Zaïd sur mes projets.

En revanche, lui a tout intérêt à travailler avec plein de gens.

Déborah Pham — D’autres artistes.

Benjamin — Oui. Et je ne suis pas du tout dans l’idée de le garder pour moi.

Ce serait dommage. Il faut quand même que d’autres humoristes puissent profiter de lui aussi. Il est bien marrant !

Déborah Pham — Comment tu écris, toi, Zaïd ? Qu’est-ce qui t’inspire ?

Zaïd — C’est justement pour ça que je ne fais pas de stand-up.

Si tu me demandes de partir de zéro et de faire une blague, c’est une calamité.

Il faut que j’aie une base : un personnage qu’on a trouvé, une situation…

Et ça dépend surtout du personnage pour lequel j’écris.

Steve Dolfi — Tu n’écris pas du tout de la même manière pour quelqu’un comme Doully, par exemple, qui n’a pas vraiment un personnage et parle beaucoup de sa propre vie.

Zaïd — En fait, même Doully est déjà un personnage dans sa manière de parler.

J’ai une indication à l’oreille : elle sonne comme ça, tel mot est drôle quand elle le prononce de telle façon…

Donc ça devient plus facile.

Déborah Pham — C’est marrant. Selon les personnes, tu as donc une musicalité, un rythme différent auquel tu t’adaptes.

Zaïd — Oui.

C’est ça, être auteur. Toi, tu n’existes plus. Tu te mets au service de la musicalité de la personne pour qui tu écris.

Déborah Pham — Il faut donc être un très bon observateur, être hyper attentif à la personne que tu accompagnes. Ce n’est pas simplement mettre des blagues dans la bouche de quelqu’un.

Zaïd — Non, sinon ça fonctionne moins.

C’est comme écrire pour un chanteur.

Déborah Pham — Tu vas chanter maintenant !

Benjamin — Beaucoup d’humoristes travaillent avec des auteurs ou des coauteurs et je trouve qu’il y a parfois une espèce de honte autour de ça.

Comme si avoir quelqu’un avec qui tu travailles était honteux.

Je ne vois pas du tout pourquoi.

Il y en a beaucoup qui ne disent pas qu’ils ont des auteurs ou qui leur demandent : « Surtout, ne dis pas que tu bosses avec moi. »

Je trouve ça dommage.

Et puis beaucoup de gens ne savent même pas que c’est un métier. Ils pensent que l’humoriste fait tout tout seul.

Alors qu’en vrai, quand tu as énormément de travail, tu ne peux pas tout faire seul.

Déborah Pham — Quand on y réfléchit, ce sont deux artisanats complètement différents : celui d’écrire et celui de transmettre au public.

Benjamin — Exactement.

Et quelqu’un qui adore le stand-up mais qui n’a pas envie d’être dans la lumière peut se dire : « Moi, je ne monterais jamais sur scène. »

Eh bien, tu peux être auteur.

Je pense que très peu de gens savent vraiment que ce métier existe.

En France, il n’est pas énormément mis en avant — ni financièrement, d’ailleurs, et c’est tout le problème.

Steve Dolfi — Avant de travailler avec Zaïd, tu étais déjà très attiré par les personnages ?

Benjamin — Toujours. Les personnages m’ont toujours fait marrer.

Déborah Pham — Ça n’avait pas commencé avec une histoire de perruque ?

Benjamin — Si.

Je name-droppe un peu : c’était à l’anniversaire d’Artus.

Il est né en août, donc il fait partie de ces pauvres gens dont tout le monde est en vacances le jour de l’anniversaire…

Il y avait une malle à costumes. Tout le monde mettait des vestes, des lunettes, des trucs.

Et tout au fond de cette malle — donc autant vous dire à quel point elle devait être dégueulasse — je trouve un rajout qui, avec une casquette, fait une nuque longue.

Je ne l’ai d’ailleurs jamais lavé depuis.

Et là, je deviens un autre homme.

Dans la vie, je ne suis pas du tout un gars très expressif, qui fait des blagues ou monte sur les tables. Ce n’est absolument pas moi.

Mais à cette guinguette, devant peut-être deux cents personnes, j’ai fait une battle de capoeira avec un gars. J’ai lancé une chenille…

Zaïd — Une chenille de deux cents personnes qui se sont dit : « Bah oui, on va le suivre, puisque ce mec avec une nuque longue a l’air de trouver ça parfaitement normal. »

Benjamin — « Suivons-le ! »

J’étais vraiment un autre homme.

Ensuite, Artus voulait qu’on enchaîne avec un karaoké — il adore ça — et il m’a dit : « Non mais mec, tu dois absolument garder la nuque longue au karaoké. »

Grâce à lui, je l’ai gardée.

Et je me suis rendu compte à quel point ce truc me libérait. C’était presque un pouvoir magique.

Quand on écrivait les chroniques avec Zaïd et qu’on était un peu à court d’idées, je l’ai remise juste pour rigoler.

Ce qui est complètement débile à la radio, surtout à une époque où il y avait beaucoup moins de vidéo qu’aujourd’hui.

Zaïd était mort de rire et, d’un coup, on a trouvé plein de blagues juste grâce à cette nuque longue.

Il m’a dit : « Bon, maintenant tu ne la lâches plus. Tu la mets à l’antenne. »

Ça a tellement fait rire Yassine et Thomas qu’on l’a gardée.

Et ça nous a énormément aidés au début.

Zaïd — Oui, surtout pour écrire.

Benjamin — Aujourd’hui, c’est encore ce qu’on fait.

Dès qu’on trouve un personnage, Zaïd tient beaucoup à ce qu’on trouve tout de suite un gimmick, une mimique, une manière de parler.

Ça rend l’écriture beaucoup plus facile.

Déborah Pham — C’est comme un Horcruxe dans Harry Potter, en fait.

Benjamin — Exactement ! La petite référence geek qui fait plaisir.

Déborah Pham — Chaque personnage a son accessoire ?

Zaïd — Souvent.

Claude Bourbier a sa pipe, son oreillette…

Benjamin — Apolline de Malbeu, par exemple, n’a pas vraiment d’accessoire. Une petite chemise, une petite veste… Là, je suis juste un connard.

Mais oui, en général, j’essaye toujours de trouver quelque chose qui m’aide à entrer dans le personnage.

Je ne me considère pas comme un acteur incroyable capable d’arriver en tee-shirt et de vous faire instantanément croire que je suis une femme voluptueuse.

J’ai besoin de deux ou trois objets pour m’aider.

Zaïd — C’est vrai que tu n’es pas un super acteur.

Benjamin — Merci !

Je ne me dis simplement pas : « Je suis tellement fort que, sans aucun artifice, je vais plonger les gens dans mon univers. »

Déborah Pham — Toi, Zaïd, est-ce que tu convoques parfois des personnes réelles pour construire un personnage ? Tu peux te dire : « Ah oui, là, c’est complètement untel » ?

Zaïd — Claude Bourbier, par exemple, est vraiment né en regardant un épisode de Strip-Tease qui s’appelle Les Comiques.

Il y a un producteur dedans, Claude Fournier, qui avait notamment produit Bigard et Palmade.

Et franchement, notre Claude Bourbier est très light par rapport au vrai Claude Fournier.

Benjamin — Pour tout vous dire, j’avais déjà ce personnage.

Un jour, Yassine, pour me piéger tel le saligot qu’il est, me demande : « Tu fais quoi vendredi comme personnage ? »

Je lui dis : « Claude Bourbier. »

Il répond : « Super, génial, très bonne idée. »

J’arrive en retard à l’émission — ce qui m’arrive rarement — et je découvre le vrai Claude Fournier dans le studio.

Là, je me dis : « Horrible. »

J’adore faire des blagues sur les gens, mais face à eux, c’est quand même plus compliqué.

J’envoie un SMS paniqué à Zaïd : « Il y a le vrai Claude ! »

Zaïd — « On ne le fait plus ! Il y a le vrai ! »

Benjamin — Je lui dis : « Vite, on enlève plein de blagues. »

Et heureusement que j’ai Zaïd : lui s’en fout, ce n’est pas sa tête qui est à l’antenne. Il me répond : « Non, tu laisses tout. On ne bouge rien. Ce n’est pas grave. »

Moi, je panique.

Et Yassine a été assez intelligent pour commencer par tendre le micro au vrai Claude.

En cinq minutes, il est parti en roue libre et a dit dix fois pire que tout ce qu’on avait écrit.

Thomas et Yassine étaient presque cachés sous la table en mode : « Mais on ne peut pas dire ça en direct à la radio ! »

Du coup, moi : « Nickel ! Je peux faire mon personnage, ça va très bien se passer. »

Déborah Pham — Ça restait drôle ?

Zaïd — Tu ne t’attends tellement pas à entendre quelqu’un dire certaines choses que tu finis par rire.

Benjamin — Un peu de gêne, aussi.

Quand c’est vraiment trop, tu as ce rire de gêne…

Déborah Pham — Ce n’est pas toi qui pinces les gens quand tu es gêné ?

Benjamin — Si, c’est vrai.

Je pince souvent les gens, je leur tape sur la cuisse. Je mets presque des kicks dans les cuisses quand je suis extrêmement gêné.

Ce qui m’arrive très souvent, d’ailleurs. Je suis gêné pour un rien, c’est assez dramatique dans ma vie.

Là, j’étais entre la gêne et l’euphorie de me dire : « Le vrai est là et il est encore pire que ce qu’on imaginait ! »

Pire au sens : encore moins filtré.

Déborah Pham — Et comment il l’a pris ?

Benjamin — Il a adoré. Il trouvait ça très marrant.

Il m’a dit : « Quand c’est bien fait, c’est bien fait. »

Déborah Pham — Ma prochaine question, c’était : « Quel était votre goûter préféré quand vous étiez enfants ? », mais j’ai presque l’impression qu’il faut que je trouve autre chose après ça.

Benjamin — Moi, je suis très brioche-ganache.

Déborah Pham — Ah, tu y vas directement !

Benjamin — Moi, je suis premier degré sur la bouffe.

Brioche, pâte à tartiner, gros verre de lait… Le goûter d’adolescent.

Je n’en mange plus énormément parce que c’est quand même lourd — et parce que je fais déjà de l’embonpoint fort, fort — mais j’en garde un très bon souvenir.

Steve Dolfi — Tu devrais goûter ça.

Benjamin — La guimauve biscuit-caramel ?

Ça a l’air assez coquin. Je vais m’en mettre une petite.

Le poisson, en revanche, je le mets en pause parce qu’il est en train de tous nous étouffer.

Déborah Pham — On te fera un doggy bag.

Benjamin — Et donc oui : brioche, pâte à tartiner et énorme verre de lait. J’ai été un très gros consommateur de lait.

Entier, évidemment, pour le poids.

Déborah Pham — C’est un truc de chez toi, les produits laitiers ?

Benjamin — Les produits laitiers, effectivement.

Mon daron s’alimentait quasiment uniquement de lait. Donc il y en avait beaucoup à la maison, je ne sais pas pourquoi.

Steve Dolfi — Tu sais que le fondateur d’À la Mère de Famille venait de Coulommiers ?

Benjamin — C’est pas vrai !

Steve Dolfi — Pierre-Jean Bernard, en 1761.

Benjamin — Ah bah alors, je suis un peu chez moi ici !

Déborah Pham — Et à part ça ?

Benjamin — Le Banania aussi.

Un grand verre de lait frais avec du Banania qui ne se dissout pas complètement et qui fait des petits…

Déborah Pham — Des grumeaux ?

Benjamin — Voilà, les grumeaux de Banania.

Déborah Pham — Et toi Zaïd, quel goût te rappelle ton enfance ?

Zaïd — Je n’ai pas vraiment un goûter précis qui me revient.

Déborah Pham — Des gâteaux ?

Zaïd — Franchement, non.

Steve Dolfi — Du pain avec une barre de chocolat ?

Zaïd — Même pas.

Déborah Pham — Tu ne goûtais peut-être pas, en fait.

Zaïd — Ma famille n’avait peut-être pas l’argent pour le goûter.

Benjamin — C’est vrai qu’il y avait une offre très fraîche…

Zaïd — Le seul jour de la semaine où j’avais le droit de manger, ce n’était pas forcément à l’heure du goûter.

Benjamin — Mais vous aviez la télé.

Zaïd — Oui. Je me rappelle le jour où on a mangé du chocolat, c’était trop bien.

J’avais dix-huit ans. C’est fou, ce jour-là.

Déborah Pham — Vous vous êtes rattrapés depuis, visiblement.

Vous aimez être à table ensemble. Et je sais que Benjamin aime cuisiner.

Tu avais quand même réussi à pécho quelqu’un avec une recette de Saint-Jacques, tu m’avais raconté ça à l’époque.

Benjamin — Ce n’est pas impossible.

Toi, tu sais tout.

Mais oui, j’aime énormément bouffer et cuisiner.

Et Zaïd cuisine bien aussi, même très bien. Sauf qu’il me voit comme un énorme relou.

Zaïd — Parce que tu peux l’être.

Benjamin — J’aime tellement manger que j’ai envie que ce soit bon. Du coup, il se met une pression de malade et il me dit : « Non, je ne cuisine rien pour toi parce que tu vas forcément trouver un truc qui ne va pas. »

Steve Dolfi — Depuis tout à l’heure, tu es hyper précis quand tu parles de nourriture. Même ton Banania, il fallait qu’il ait exactement les petits grumeaux…

Benjamin — Il a donc des raisons de le penser.

Mais les quelques fois où il a cuisiné pour moi — bon, parfois ce n’était pas très cuit — c’était méga bon et j’étais trop content.

Moi, quelqu’un qui cuisine pour moi, je kiffe. Quand c’est fait avec amour, je trouve toujours ça très bon.

Je comprends qu’il m’imagine comme ça parce que c’est l’image que je véhicule, mais je ne suis pas du tout comme ça.

Steve Dolfi — Il ment.

Benjamin — C’est un salaud.

Steve Dolfi — Quand tu pars en tournée, Zaïd vient avec toi ?

Benjamin — Oui.

Steve Dolfi — Donc vous faites quand même pas mal de restos ensemble.

Benjamin — Oui, mais il me laisse gérer.

J’avoue, je suis relou là-dessus aussi.

Je commence toujours par demander : « Qu’est-ce que vous ne voulez surtout pas manger ? » pour éviter de choisir un restaurant qui ne convienne pas.

Bon, ça m’est déjà arrivé deux ou trois fois de mal jauger. Quelqu’un dit : « Pas de fruits de mer », et je choisis un restaurant de fruits de mer…

Mais globalement, en tournée, on mange beaucoup.

Zaïd — On a pris énormément de poids pendant certaines tournées.

Benjamin — Exactement.

Avant le spectacle, tu manges un petit truc parce que je n’aime pas monter sur scène le ventre plein.

Après, tu te fais un gros plat.

Et souvent, les gens qui t’accueillent sont tellement contents qu’ils te disent : « J’ai commandé huit plats, on est trois, mais vous allez voir, c’est trop sympa ! »

Donc tu manges tout ça, plus le pinard, plus les Balisto jaunes dont on parlait tout à l’heure…

Tu te couches, tu es en sueur, tu n’es pas bien.

Et le lendemain matin, rebelote parce qu’il y a le petit-déjeuner de l’hôtel.

Déborah Pham — Ah ouais !

Benjamin — Je suis prêt à me réveiller pour aller prendre le petit-déjeuner et me recoucher juste après.

Déborah Pham — Et toi Zaïd, tu dis que tu ne cuisines pas énormément, mais j’ai entendu parler d’une recette de pâtes très particulière…

Zaïd — Non…

Benjamin — Ta source va vraiment finir par poser problème à votre amitié.

Zaïd — C’est un truc de galère que ma mère me faisait et je vous jure que c’est trop bon.

Tu te fais des pâtes — pas des spaghettis, plutôt des coquillettes, par exemple — avec soit un peu de sauce tomate, soit une petite bolo, soit même nature.

Et par-dessus, tu écrases simplement des Tuc.

Benjamin — Ah, il y a de la sauce tomate ? Je ne savais même pas ça !

Zaïd — Ça dépend. Mais oui : tu émiettes les Tuc dessus.

Je vous jure que c’est bon !

Déborah Pham — Mais ça devient mou, du coup ?

Steve Dolfi — En fait, je vois l’idée. Les Italiens font parfois quelque chose d’un peu similaire quand ils mettent de la chapelure sur des pâtes.

Déborah Pham — Ma grand-mère allemande faisait des pâtes avec de la chapelure, mais ce n’est pas exactement la même région.

Zaïd — Je tiens à te remercier, parce que maintenant que tu as dit que les Italiens faisaient quelque chose d’approchant, il y a quelqu’un qui va peut-être enfin arrêter de se moquer de moi après huit ans.

Steve Dolfi — Zaïd, je ne suis que chocolatier. Pour les pâtes, ma légitimité s’arrête assez vite.

Déborah Pham — Mais c’est une recette de famille, finalement.

Zaïd — Ça fait peut-être huit ans que je ne l’ai pas faite. Il faut que je recommence.

Benjamin — Il a réussi à me la rendre, d’ailleurs.

Il y a quelque temps, il m’a fait croire un truc…

Zaïd — Attendez. Il a déjà l’air terrorisé.

À une période, j’avais pris énormément de poids. Depuis, j’en ai perdu beaucoup.

Mais au pic de ma carrière de…

Benjamin — Deux, deux, deux…

Zaïd — …de cholestérol, un jour, au téléphone, je lui dis : « Bon, après, c’est de ma faute, j’avais qu’à pas boire de l’huile. »

Juste pour rigoler, je lui fais croire que je bois de l’huile de friture.

Benjamin — Et moi, je l’ai cru.

Il faut comprendre : à l’époque, c’était un sanglier. Il était énorme !

Donc quand un gars comme ça te dit : « C’est ma faute, je n’aurais pas dû boire de l’huile », moi, je garde l’information en tête.

Zaïd — Six mois après, il me ressort : « Et peut-être que ton truc de boire de l’huile, faudrait arrêter, non ? »

Déborah Pham — Entre vous deux seulement ?

Benjamin — Non. J’avais dû le raconter à cinq ou six personnes avant de lui en reparler.

Zaïd — Mon pote pense vraiment que, parfois, je suis chez moi : « Allez hop ! Shot d’huile ! »

Déborah Pham — J’ai une question plus liée à l’humour : qui vous a transmis le goût de faire rire ?

Benjamin — Vas-y, toi.

Zaïd — Thierry Le Luron.

Non, je déconne.

Déborah Pham — Benjamin ?

Benjamin — Moi, c’est ma famille.

Mon père est très drôle, mes sœurs sont marrantes, mon frère aussi, ma mère aussi.

J’ai grandi dans une famille assez drôle. Tout le monde avait le sens de l’humour, plus ou moins développé.

Déborah Pham — Quel genre d’humour ? Du clash ? De la punchline ?

Benjamin — Pas vraiment.

C’était beaucoup de choses dites sans rire. Donc il fallait parfois deviner : « Là, il plaisante ou pas ? »

Mon père, par exemple, avait une vanne qu’il faisait à absolument tout le monde qui entrait chez nous.

Quand un invité arrivait, il ouvrait la porte et disait : « Bonjour, vous êtes là pour le ménage ? »

Une blague de daron né dans les années 1940. Tu la prends ou tu la prends pas.

Un jour, mon frère fête son anniversaire. Un de ses amis arrive, un pote rebeu.

Mon père lui fait la même vanne qu’à toute la planète : « Bonjour, vous venez pour le ménage ? »

Le gars l’a très mal pris.

Et mon père n’a absolument pas dédramatisé. Le gars lui dit : « Pas du tout, je ne suis pas là pour le ménage. »

Mon père : « Très bien. »

Puis il s’en va.

Le gars dit à mon frère : « Attends, ton père m’a mal parlé. »

Et mon frère a dû lui expliquer : « Non, en fait, son humour est juste comme ça. »

Déborah Pham — Zaïd, tu tiens une anecdote là.

Zaïd — Je viens de gagner dix-huit ans d’écriture.

Déborah Pham — Et toi, d’où ça vient ?

Zaïd — Chez moi, ce n’était pas familial.

J’étais assez absentéiste quand j’étais gamin.

Et quand tu ne vas pas à l’école et que tu restes devant la télé, à partir de onze heures, il n’y a plus vraiment de programmes pour enfants.

Donc je regardais la chaîne Comédie! toute la journée.

Il y avait énormément de spectacles.

Déborah Pham — Tu avais des idoles ?

Zaïd — C’est un peu honteux…

Déborah Pham — Vas-y, on est là pour ça.

Zaïd — Élie Kakou, déjà. Michel Courtemanche aussi, j’aimais beaucoup.

Steve Dolfi — Élie Kakou, je l’ai eu comme G.O. au Club Med !

Déborah Pham — Pas mal !

Zaïd — Il n’y a pas longtemps, j’ai regardé à nouveau Élie Kakou avec ma copine parce que je voulais lui montrer des trucs qui me faisaient rire gamin.

Et franchement, ça n’a pas vieilli. C’est toujours drôle.

Donc moi, ça vient principalement de la chaîne Comédie!. Mon passe-temps, c’était regarder des gens drôles.

J’avais ce truc de vouloir voir toutes les émissions d’humour qui passaient.

Déborah Pham — Et Kakou était déjà énormément dans le personnage.

Benjamin — Bien sûr.

Moi aussi, c’est pour ça que je suis allé vers les personnages.

Quand j’étais au collège, je ne regardais quasiment que des mecs qui faisaient des personnages. C’était ce qui marchait à l’époque.

Les Petites Annonces, Les Deschiens… J’ai été bercé par ça.

Donc je ne vois pas pourquoi, en début de carrière, je serais spontanément allé vers le stand-up pur. Je suis allé vers ce qui me faisait rire quand j’étais plus jeune.

Zaïd — Et on a aussi eu beaucoup de chance de commencer par la radio.

La radio nous donnait le droit de faire des personnages.

Si tu étais arrivé directement dans un comedy club, au milieu de tout le monde qui vient raconter sa vie, et que tu débarquais avec une nuque longue en disant : « Bonjour, je suis machin… »

Benjamin — Je l’ai fait, des plateaux avec la nuque longue.

Et qu’est-ce qu’il se passait ?

Bide sur bide sur bide.

Je suis le plus gros bideur de plateaux de tous les temps.

Je me souviens d’un plateau où, après chaque blague qui ne marchait pas, je disais : « Bon, après, faut connaître… »

Je faisais des vannes sur Hugo Clément avec une nuque longue, personne ne riait et je voyais vraiment les gens atterrir.

C’était aussi la première fois que ma femme me voyait sur scène.

Bide intersidéral.

Déborah Pham — Zaïd, est-ce qu’il y a aujourd’hui des moments où tu t’autocensures, sachant que vous êtes sur l’une des radios les plus écoutées de France ?

Zaïd — Non.

Benjamin — Ce n’est pas l’impression que j’ai non plus.

Mais c’est facile pour lui : ce n’est pas lui qui le dit à l’antenne.

C’est justement ce qui fonctionne.

Il y a parfois des trucs où je lui dis : « Là, vraiment, c’est trop. »

Et il ne lâche pas l’affaire : « Non, il faut que tu la fasses, c’est trop marrant. »

Déborah Pham — Et tu peux dire ensuite : « Ce n’est pas moi, c’est Zaïd » ?

Benjamin — Même pas. À la fin, si j’accepte la blague, je l’assume.

Zaïd — Il n’y a pas vraiment d’autocensure dans le sens où les choses qu’on considère qu’on ne devrait vraiment pas dire ne nous font généralement pas rire, donc le problème ne se pose pas.

Benjamin — En revanche, passer d’une radio comme Nova à France Inter, ça change quand même la manière dont tu t’adresses aux gens.

Sur Nova, ceux qui nous écoutaient avaient généralement choisi de nous écouter.

Sur Inter, il y a des gens qui écoutent la station toute la journée et qui ne t’ont pas forcément choisi, toi.

Donc tu t’adaptes un petit peu.

On garde notre ADN, mais quand on est arrivés il y a trois ans, le premier mois, on ne s’est pas mis frontalement à raconter tous nos problèmes gastriques.

On s’est dit : « Allons-y mollo, il y a quand même du monde qui nous écoute. »

Steve Dolfi — Et c’est le service public, en plus.

Benjamin — Bien sûr. J’adore quand on me dit : « Avec nos impôts ! » après une chronique particulièrement débile.

Déborah Pham — C’est quoi tes péchés mignons, Benjamin ?

Benjamin — Je suis très bec sucré.

Les desserts, les trucs comme ça…

Bon, il y a aussi le pâté en croûte.

Déborah Pham — Le pâté en croûte, bien sûr.

Benjamin — Mais si je dois choisir, je vais quand même plutôt vers le sucre.

Les îles flottantes, les desserts de brasserie… C’est beaucoup mon truc.

Steve Dolfi — Tu fais des desserts, toi ?

Benjamin — Pas vraiment.

C’est technique, la pâtisserie.

Je peux faire des petits crumbles poire-vanille, poire-chocolat, ce genre de choses.

Mais j’ai essayé de faire des îles flottantes parce que j’adore ça, et franchement c’était éclaté. J’étais trop nul.

Steve Dolfi — Zaïd a une recette où il râpe des fraises Tagada.

Benjamin — Ce n’est presque pas une si mauvaise idée.

Sur une île flottante, peut-être pas…

Déborah Pham — Et toi Zaïd, ton péché mignon ?

Zaïd — Gras-salé.

Benjamin — Désolé, ça fait vraiment le mec qui s’acharne sur son pote, mais un jour on s’était demandé : « Si tu devais choisir ce que tu préfères manger de toute ta vie ? »

Et lui m’a répondu : « La friture. »

Déborah Pham — Ah bah ouais !

Zaïd — Mais évidemment.

Ne serait-ce que le bruit de l’aliment qui frit…

Déjà, je suis : « Oh là là, on va manger ! »

Déborah Pham — De la friture de quoi ?

Benjamin — Principalement du poulet.

Tout à l’heure, dans la boutique, il a quand même proposé à Steve de créer de faux morceaux de poulet frit en chocolat.

Steve Dolfi — En forme de wings.

Et je vous filerai l’adresse d’un tempura à Tokyo, près de Tsukiji, où le mec change son huile entre chaque type de tempura et ajuste les proportions entre l’huile de sésame et les autres huiles.

Benjamin — Ah ouais ! Là, c’est devenu de la chimie de la frite très japonaise.

On va être obligés d’y retourner.

Zaïd — Parce que quand tu fais le poulet et le poisson dans la même huile et que ton poulet commence à avoir un goût de poisson, ça peut être un peu dégueu.

Déborah Pham — Vous avez des plaisirs inavouables ? Le genre pizza à l’ananas ?

Zaïd — Je vais être très honnête : je pense qu’il faut arrêter de s’acharner sur la pizza à l’ananas.

Ce n’est pas si grave que ça.

Benjamin — Je suis d’accord.

Déborah Pham — Encore un coup des Italiens.

Maintenant qu’on a mis des Tuc dans les pâtes, on peut y aller sur la pizza.

Zaïd — Je vais bafouer tout un pays.

Benjamin — Moi, il y a un truc que j’aime bien et qui est devenu un peu : « Oh là là, il ne faut surtout pas en mettre »… C’est le Maggi.

J’aimais beaucoup ça et j’avoue que j’en mets encore un peu partout.

Déborah Pham — On vient justement de m’apprendre que l’Arôme Maggi est beaucoup utilisé dans plusieurs pays d’Afrique, au Vietnam et, curieusement, dans l’Est de la France — d’où je viens.

Benjamin — Moi aussi !

Déborah Pham — Vous l’utilisez dans quoi, chez vous ?

Benjamin — Dans les pâtes, par exemple. Pâtes, jus, Maggi.

Zaïd — Je me souviens qu’au début, quand on travaillait ensemble et que je venais souvent chez toi, tu faisais des pâtes au Maggi.

Benjamin — Bien sûr.

Et puis j’adore les pâtes carbo qui ne sont absolument pas des pâtes carbo.

Déborah Pham — C’est-à-dire avec de la crème ?

Benjamin — Voilà. Crème, lardons…

Déborah Pham — Encore un coup des Italiens.

Benjamin — Ils nous terrorisent !

Ma mère nous faisait ça : lardons, crème…

Déborah Pham — La mienne aussi. Après, je suis née en Alsace.

Benjamin — Voilà. C’est une flammekueche dans des pâtes. Ce qui est parfait.

Déborah Pham — Ce serait quoi, un rêve fou pour vous deux dans votre carrière ? Comment vous imaginez les prochaines années ?

J’ai bien compris que vous comptez continuer ensemble.

Benjamin — Oui.

Il y a forcément des projets sur lesquels Zaïd ne pourra pas travailler avec moi, et des projets à lui sur lesquels je n’aurai rien à faire.

Mais le rêve absolu, ce serait un film écrit par nous deux, joué par moi et réalisé par Zaïd.

Je pense que c’est l’objectif final.

Steve Dolfi — Vous êtes déjà en écriture ?

Benjamin — On écrit des choses.

Mais savoir si Zaïd pourra vraiment le réaliser, si moi je pourrai jouer dedans… Ce n’est pas uniquement nous qui décidons.

Zaïd — Il y a un projet super intéressant qui commence, mais on ne sait pas du tout s’il ira au bout. Donc c’est un peu pénible d’en parler maintenant.

Benjamin — Mais dans l’absolu, le rêve, ce serait ça : Zaïd qui me dirige, qui dit « Action ! », « Coupez ! »…

Et qui s’occupe du catering.

Déborah Pham — Avec de la friture !

Et comment tu as vécu, Benjamin, le passage de la radio à la scène puis au grand écran ?

Benjamin — C’est trop cool.

Mais j’ai l’impression qu’on n’a pas vraiment brûlé les étapes.

Tout s’est fait assez progressivement. Je n’ai pas eu un moment où je me suis dit : « Oh là là, tout va beaucoup trop vite », même si objectivement ça va quand même assez vite.

Déborah Pham — De l’extérieur, ça paraît rapide.

Benjamin — Oui, globalement, ça va vite.

Mais je n’ai pas l’impression d’avoir volé une étape.

Avec Zaïd, on a toujours eu cette exigence de ne pas accepter tout et n’importe quoi.

On s’est très vite demandé : est-ce qu’on veut prendre énormément de choses maintenant, gagner beaucoup d’argent, mais que ça dure cinq ans ?

Ou est-ce qu’on gagne peut-être moins, mais qu’on essaye de construire vingt ans de boulot ?

On s’est dit : « Visons vingt ans de boulot. »

Même si on en est encore très loin, évidemment. Je ne suis jamais à l’abri de faire un truc qui sera justement la fin !

Zaïd — On a refusé beaucoup de choses.

Benjamin — Parfois très bien payées.

On se disait : « Là, on pourrait prendre l’argent, mais on risque d’être catégorisés et ensuite ce sera compliqué de faire autre chose. »

Des pubs, des propositions sur Internet, des choses où tu utilises beaucoup ton image et tes réseaux…

Tu peux te dire : « Oui, ça nous fera de l’argent, on sera contents. »

Mais ensuite, tu risques d’être associé à cette marque ou à ce truc.

Peut-être que ça n’aurait rien changé, d’ailleurs, mais on préférait ne pas prendre le risque.

Ce que je déteste le plus dans ce métier, ce sont les choix.

Dire oui ou non.

Nous, on voudrait juste arriver le matin, travailler, écrire, rigoler.

Mais quand le téléphone sonne et qu’il faut décider : « Est-ce qu’on fait ça ou pas ? », c’est le moment que je déteste le plus.

Et heureusement que j’ai Zaïd.

Il y a des fois où il me dit : « Non, on n’y va pas. On s’en fout. »

Zaïd — Il y aura un truc plus sympa qui arrivera après.

Benjamin — Attendons.

Zaïd — L’oseille, ça va arriver !

Déborah Pham — T’es très confiant.

Steve Dolfi — Avec le recul, il y a une chose que vous regrettez d’avoir refusée ?

Benjamin — Franchement, non.

Déborah Pham — Puisqu’on parle de transmission : qu’est-ce que Zaïd t’a transmis ?

Vous êtes presque mariés, comme tu le disais. Qu’est-ce que vous vous êtes transmis l’un à l’autre ?

Benjamin — C’est marrant parce qu’il m’a transmis le goût de ce qu’on appelle la « punch ».

Rajouter la petite blague au bout de la phrase.

Au début, je n’avais pas du tout ça. C’est même pour ça que je l’avais appelé à la rescousse : j’avais une histoire, mais je n’avais pas de blagues.

Moi, j’apportais souvent une histoire, une base, un personnage, un truc. Et Zaïd mélangeait tout ça et trouvait les bonnes punchlines.

Et aujourd’hui, parfois, c’est lui qui me dit : « Un personnage comme ça, ce serait pas mal. »

Notre manière d’écrire s’est un peu inversée, ou en tout cas mélangée.

Je suis aussi incapable de rester devant un ordinateur pendant une journée entière.

Je suis souvent debout, je parle à Zaïd, je marche à droite, à gauche, pendant que lui reste calmement devant l’ordinateur à écrire.

Donc professionnellement, il m’a énormément apporté.

Et puis il y a les choix.

Sans lui, je pense sincèrement que j’aurais une autre carrière.

Avoir ton meilleur pote qui peut te dire : « C’est une mauvaise idée. Ne le fais pas », en sachant qu’il te veut du bien et qu’il pense au long terme, c’est précieux.

J’aurais probablement accepté certaines choses uniquement parce qu’elles étaient bien payées.

Tu sais toi-même que ce n’est peut-être pas terrible, mais la somme peut te faire douter.

Et Zaïd est là pour dire : « Non. Il ne faut absolument pas faire ça. »

Par exemple, les paris sportifs.

Je peux le dire puisque je pense que je n’en ferai jamais. Ce sont souvent des contrats très bien payés, mais déontologiquement, ça me pose problème.

Il y a eu des gens dans ma famille qui ont eu des rapports compliqués aux jeux. Ça peut vraiment briser des vies.

Évidemment, tout le monde ne devient pas addict, mais pour ceux à qui ça arrive, c’est violent.

Donc Zaïd était là pour appuyer ce sentiment : « Non, on ne fait pas ça. »

Déborah Pham — À une époque où les bars PMU redeviennent presque hyper tendance…

Benjamin — Oui, ça revient comme quelque chose de presque hype.

Déborah Pham — Et toi, Zaïd, qu’est-ce que Benjamin t’a transmis ?

Zaïd — Je n’ai pas un truc précis.

J’ai commencé à travailler avec Benjamin assez tôt dans ma vie professionnelle. Ça faisait peut-être trois ou quatre ans que j’avais arrêté mon vrai boulot.

Donc je me suis aussi construit avec Benjamin.

Je ne peux pas dire : « Ça, spécifiquement, ça vient de lui. »

C’est plutôt un mélange de façons de faire, de valeurs, de rigueur…

Aujourd’hui, on a plein de choses en commun et je serais incapable de dire qui a pris quoi à l’autre.

Déborah Pham — C’est un mariage réussi.

Benjamin — Exactement.

J’ai aussi l’impression que le fait de travailler avec moi a permis à Zaïd de sortir d’un environnement professionnel où il avait énormément de limites.

Avec moi, il pouvait peut-être se permettre d’être beaucoup plus lui-même dans l’écriture.

Et il s’est avéré qu’on avait exactement le même goût pour cet humour-là.

Zaïd — Avant, je travaillais comme auteur sur une émission très, très cadrée.

« Pas de blague sur ça. Pas de blague sur ça. Même sur ce truc-là, non. L’actionnaire a deux parts dans une entreprise qui fait ça, donc on évite. »

Et à côté, j’avais Benjamin, où le but était quasiment de dire des atrocités.

Les animateurs ne lisaient même pas les blagues avant. Personne ne nous écoutait, personne ne nous regardait.

Benjamin — C’était ouf.

Zaïd — À l’époque, les vidéos étaient sur Facebook !

Benjamin — Heureusement qu’on n’était pas sur Dailymotion.

Steve Dolfi — C’est quand même pas mal comme boulot : écrire des atrocités que tu ne seras pas obligé de dire toi-même.

Zaïd — J’ai la meilleure place.

Si c’est drôle, c’est drôle.

Et si ce n’est pas drôle, ce n’est pas moi qui prends les mauvais commentaires.

Déborah Pham — Excellent. Il est planqué.

Quand vous dites que vous avez le même goût de l’humour, vous arrivez à le décrire ?

Zaïd — Quand on a commencé à travailler ensemble, on cherchait justement la bonne formule pour les chroniques.

Et on s’est rendu compte que nos deux chroniqueurs radio préférés étaient Pierre-Emmanuel Barré et Jérôme Commandeur.

Ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre, mais tous les deux, on les mettait tout en haut.

Déborah Pham — Donc ce sont surtout des références.

Benjamin — Exactement.

L’humour de Jérôme Commandeur, qui arrive à parler tout le temps en dessous de la ceinture sans jamais vraiment le dire, nous a toujours fait mourir de rire.

On se faisait déjà ce genre de blagues entre nous.

On s’est rendu compte : « Ah, toi aussi tu aimes ça ? »

Et on est allés à fond là-dedans parce que c’était ce qui nous faisait le plus rire : dire des atrocités de la manière la plus fleurie possible.

À Nova, dans nos dix auditeurs, il y avait aussi nos familles.

Moi, je savais que le dimanche, j’allais retrouver mes frères, mes sœurs et mes parents.

Donc il fallait quand même pouvoir assumer la chronique.

Le fait de dire les choses sans vraiment les dire aidait beaucoup.

Mes parents m’appelaient parfois en me disant : « Je n’ai rien compris, mais c’était super ! »

Et moi : « Parfait. Ils n’ont rien capté. Ils n’ont pas compris que je racontais des atrocités. »

Steve Dolfi — C’était un peu l’objectif.

Benjamin — Et à force de citer Jérôme Commandeur dans une interview sur deux pendant mon premier spectacle, il devait recevoir des Google Alerts tous les jours : « Benjamin Tranié, Jérôme Commandeur. Benjamin Tranié, Jérôme Commandeur… »

Il a dû finir par se dire : « Mais c’est qui ce mec ? Il me saoule ! »

On nous a mis en relation et on s’est tout de suite très bien entendus.

Je pense que quand tu as des goûts communs en matière d’humour et d’écriture, ça crée forcément quelque chose.

Et il est vraiment hilarant.

Steve Dolfi — Il est venu voir ton spectacle ?

Benjamin — Oui.

Steve Dolfi — Et le débrief ?

Benjamin — Très cool.

Il a dit un truc que, si quelqu’un l’avait enregistré, j’aurais immédiatement mis sur l’affiche : « C’est mon spectacle de chevet. »

Ça aurait été formidable : « Spectacle de chevet — Jérôme Commandeur ».

Déborah Pham — Mais il vous a aussi dit qu’il y avait presque trop de blagues ?

Benjamin — Oui.

Et on a modifié des choses après.

On l’écoute, quand même. On est très fans.

Déborah Pham — On peut vraiment dire à un humoriste : « Là, c’est un peu trop drôle, doucement » ?

Steve Dolfi — Je pense que Jérôme Commandeur peut le dire.

Benjamin — Oui.

Et en fait, il avait raison.

Si tu ris beaucoup trop, à un moment, tu n’écoutes même plus ce qui se passe. Tu as tellement ri que tu ne sais même plus où tu en es.

Déborah Pham — Ça m’intéresse, justement, cette question du rythme.

Benjamin — Nous, on venait de la radio.

Donc notre logique, c’était : blague, blague, blague, blague. Pas de temps calme, pas de temps mort. Il faut que les gens se prennent des droites dans tous les sens.

Zaïd — Parce qu’à la radio, tu as trois minutes.

Tu ne peux pas commencer à raconter tranquillement ta vie pour que la première blague arrive à deux minutes vingt.

Donc c’était « bam, bam, bam » dès le début.

Mais quand on a appliqué ça au spectacle, Jérôme nous a dit, en gros : « À un moment, j’en avais presque marre de rire. »

Il fallait apprendre à poser le truc.

Sur un spectacle, tu dois réussir à créer du rythme, avoir un petit temps calme pour pouvoir mieux repartir ensuite.

Benjamin — On a intégré ça assez rapidement.

Il est revenu voir la version suivante un an plus tard et là : « OK, c’est bon. Il y a des moments où on peut respirer. Tout va bien. »

Steve Dolfi — Pour rester sur le thème de la transmission, j’aimerais savoir deux choses.

D’abord, ce que vous avez envie de transmettre au monde.

Et ensuite, sur cette table, ce que vous avez envie de transmettre aux prochains invités.

La deuxième est peut-être plus facile que la première.

Déborah Pham — Et encore…

Vous n’avez pas beaucoup mangé, je trouve. Et je blâme franchement le gros sandwich avec lequel vous vous êtes pointés.

Benjamin — Non, justement, c’était stratégique !

Zaïd avait déjà fait un podcast où il y avait plein de choses à manger.

Et dans les commentaires, c’était : « Il peut arrêter de bouffer, là ? »

Il avait mangé pendant toute l’émission. On n’entendait que ça.

Donc là, Zaïd m’a dit…

Zaïd — « Comme on a faim, viens, on mange un truc avant. Sinon, ça va être horrible. »

Je pensais à vos auditeurs.

Déborah Pham — C’était quoi, dans l’autre podcast ?

Benjamin — Je ne sais plus. Des victuailles.

Déborah Pham — Attends, t’as mieux mangé dans l’autre podcast, c’est ce que tu es en train de nous dire ?

Benjamin — Non, non, non !

C’étaient surtout des trucs encore plus sonores.

Zaïd — Des carottes coupées et des M&M’s.

Benjamin — Et, à votre décharge, on était quatre, donc tu avais des moments où tu pouvais manger.

Là, désolé, c’était hyper intéressant, on avait plein de choses à dire. On avait moins le temps de mâcher.

Et je pense que c’est mieux pour les auditeurs.

Déborah Pham — On va vous faire un doggy bag.

Alors : qu’est-ce que vous voulez transmettre au monde ?

Benjamin — C’est tellement une question premier degré…

C’est difficile, quand tu fais de l’humour, de répondre sérieusement à ça.

Zaïd — La bienveillance.

Benjamin — Le bonheur…

Zaïd — Ce qu’on a en commun, quand même, derrière notre métier, c’est cette envie de faire rire.

Benjamin — C’est vrai qu’on a été relativement premier degré dans nos réponses aujourd’hui. On ne se prend pas vraiment au sérieux, donc dès qu’une question appelle une grande déclaration…

C’est compliqué.

Mais en restant sur quelque chose d’un peu plus léger : moi, je suis très heureux quand on réussit à transmettre des expressions ou des vannes qu’on a mises dans nos chroniques.

Quand les gens nous ressortent des expressions, ça me fait vraiment plaisir.

Déborah Pham — Il y a « gros baiser », par exemple.

Benjamin — Oui !

On n’a évidemment pas inventé les mots « gros baiser », on n’est pas débiles.

Mais on les a beaucoup mis en avant avec un personnage.

Zaïd — Un personnage qui le surlignait dans tous les sens : « Je t’aime bien, t’es un gros baiser ! »

Benjamin — Et aujourd’hui, ça me fait rire de voir des gens utiliser l’expression sans même forcément savoir d’où elle vient.

Encore une fois, je ne dis pas qu’on l’a inventée. Mais on a peut-être participé à la remettre dans la circulation.

Donc si je dois répondre : transmettre des mots, des vannes, ça me fait plaisir.

Et en version vraiment premier degré : évidemment, transmettre du rire. De la joie.

Ça me rend très heureux quand une petite blague qu’on a écrite tous les deux dans notre salon, en étant morts de rire, nous revient ensuite à la sortie d’un spectacle parce que quelqu’un la répète.

Déborah Pham — Vous riez vous-mêmes beaucoup de vos blagues pendant l’écriture ?

Benjamin — Si tous les deux on est morts de rire, elle reste immédiatement.

Zaïd — Ça peut même arriver que l’un découvre la blague pendant que l’autre est en train de l’écrire.

Benjamin — On travaille sur un Google Doc, donc je vois parfois Zaïd écrire en direct et je lis la phrase pendant qu’il la tape.

Moi, comme je ne suis pas assez rapide à l’ordinateur, ça donne plutôt : « Ne lis pas ! Ne lis pas ! Attends, je la reformule correctement, sinon tu ne vas pas rire et tu ne voudras pas la garder ! »

Déborah Pham — Et maintenant, parmi tout ce qu’il y a sur cette table, qu’est-ce que vous transmettez aux prochains invités ?

Benjamin — Moi, absolument les guimauves biscuit-caramel.

Zaïd — Moi, ce sera vraiment le poisson pané. Même si on a frôlé la mort deux fois.

Steve Dolfi — Donc tu veux que les prochains invités s’étouffent aussi.

Zaïd — Ça en vaut la peine.

Déborah Pham — C’était trop bien de vous recevoir.

Benjamin — Merci pour l’invitation, c’était trop bien.

Déborah Pham — Zaïd, on sait maintenant que c’était ton premier vrai goûter !

Zaïd — Mon premier vrai goûter.

Benjamin — Le souvenir ! Je vais prendre des photos.

J’en ai déjà envoyé une ou deux à Madame Sahebdin, qui est ravie.

Déborah Pham — Tu ne vas pas rentrer les mains vides.

Zaïd — Elle va me déchirer sinon.

Benjamin — C’est sûr.

Merci beaucoup pour l’invitation, c’était trop cool.

Déborah Pham — Merci à vous. À bientôt !

Benjamin & Zaïd — À bientôt !

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Tous les mois, Déborah Pham, journaliste, et Steve Dolfi, co-propriétaire de la plus ancienne chocolaterie de Paris, reçoivent des invités inspirants à l’heure du goûter, au sein de la salle à manger secrète de la boutique historique. Des personnalités que nous avons envie d’écouter et de faire parler de transmission. Chaque invité arrive avec un complice, une personne qui compte, de qui il a reçu une influence ou à qui il a transmis une certaine vision du monde. Pendant une heure, on parle de liens, de souvenirs, de ce qui se transmet sans même que l’on y pense. Une conversation sans filtre et la bouche pleine, puisqu’ici on a le droit.
 
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